mardi 3 juin 2008

Le style


Je trouve que les gens ont trop tendance à oublier le plaisir esthétique quand ils lisent. En général, on cherche plutôt une histoire qu'un style, pas vrai ? Les lecteurs ont pas envie de s'amuser à déchiffrer un long texte armé de mots incompréhensibles, ils pensent la plupart du temps qu'il y a soit une bonne histoire, soit un bon style, sinon ils comprennent pas ou bien c'est pas intéressant. Donc, ils présument ces idéaux incompatibles.
Mais c'est faux.

C'est agréable de s'extraire un peu de la syntaxe basique, ne pas uniquement chercher à écrire de manière "recherchée" mais aussi à rendre le contenu d'un texte mélodieux.
Zola et Dumas, de leur temps, savaient manier les mots à la perfection, on a l'impression de lire du papier à musique, avec différentes clefs, différentes armures en fonction de leurs ouvrages. Certains écrivain perpétuent heureusement cet idéal encore aujourd'hui, avec une puissance extraordinaire, de l'émotion, de la mélancolie... et une plume, une nouvelle dimension livresque, superbe, vraiment.
C'est trop souvent enfermé dans de simples pages inaccessibles.


"Les eaux furieuses d'une panique de fin de monde le submergeaient, le trou noir l'aspirait puissamment, il titubait dans une océan de désespoir, il rampait à genoux, chialait sa peur incoercible, il n'y arriverait pas, il allait crever sur ce quai, c'était foutu, et Fanny... Fanny était perdue, il voyait la catastrophe en gros plan sur l'écran noir de l'intérieur de ses paupières, il fixait le film comme un halluciné, Fanny serait brisée en mille morceaux de souffrance indicible. Il n'y aurait jamais de planète bleue pour eux deux, nulle part, dans l'univers hostile."
# Leçon de Ténèbres, D.René p.251

"J'ai demandé au toubib, perdu au milieu des chariots, des pompiers avec des coups de froid glacé, balancé par cette putain de porte électrique qui a fait péter sa boîte à raison cette nuit, et qui s'ouvre, qui se ferme sous les poussés des civières ensanglantées et des lumières qui tournent sur des uniformes et des rouges, et des bleues, dans un tragique ballet Playmobil.
La voilà cette putain de nuit de l'humain."
# Bouts Lambeaux, R.Bohringer p.9

1 commentaire:

Anonyme a dit…

c'est tellement rare de trouver quelqu'un, qui partage les mm idées que soi ...
et qui, surtt arriv a l'exprimer, à s'exprimer, heureusement qu'il existe des gens, qui pensent, qui parlent pour tout ceux qui n'en ont le courage ...
merci au nom de nous tous, nous les animaux, les brebis noyés dans cette société, merci de materialiser ce radeau, auquel nous songeons,souvent, si souvent... mais qui nous, me fait si peur ... qui a-t'il audessus de cette eau reconfortante, qui a baigné mon enfance?
ce sont ces rêves si chers, si rares, qui nous sauverons. peut etr ...
je ne suis pas une pessimiste, je ne suis qu'une optimiste croyant qu'il rest en chacun un peu d"humain", je ne suis qu'une optimiste dégoutée par tout ce qui lentour, je suis une optimiste ...